La
Voix d’Agrijob
Vous avez été nombreux
à participer au concours pour trouver le nom de notre bulletin
et nous vous en remercions. La voix d'Agrijob, voilà le nom que
portera le bulletin d'information dédié spécialement
aux travailleurs agricoles de Montréal référés
par Agrijob. La voix permet de prendre la parole. Par ce bulletin, Agrijob
souhaite donner la « voix » aux travailleurs et ainsi faire
connaître leur réalité.
Agrijob travaille principalement au recrutement
des travailleurs agricoles afin de combler des emplois de préposés
aux récoltes sur une base occasionnelle ou saisonnière;
il arrive aussi qu’Agrijob soit témoin de belles initiatives
d’intégration de travailleurs dans d’autres secteurs
de productions. Dans ce bulletin, en plus de vous présenter différents
portraits de travailleurs, Agrijob partage avec vous
l’histoire de Placido, un nouvel arrivant
qui a trouvé un emploi très intéressant dans la
production porcine.
De plus vous trouverez dans ce bulletin
de l’information sur une formation en production
laitière qui sera offerte en décembre prochain, par
le Centre d’emploi agricole du Centre-du-Québec. Ce bulletin
présentera aussi le portrait de Serge Labrecque,
responsable de l’embarquement de travailleurs au point de rencontre
de Longueuil ainsi que des conseils pratiques de prévention
au travail.
Bonne lecture!
Doris Bardales Rivera, Coordonnatrice
d’Agrijob

| Émile
Émile connaît l’agriculture depuis son tout
jeune âge; il travaillait sur la ferme de son oncle lorsqu’il
était étudiant. Émile est venu s’inscrire
chez Agrijob au début de l’été. Depuis,
il travaille de façon occasionnelle sur une ferme biologique
où il a participé à la plantation et la récolte
de la pomme de terre, du chou et de l’oignon. Émile
apprécie beaucoup l’environnement convivial et familial
offert par son employeur; son équipe de travail est composée
de membres de la famille du propriétaire et de deux travailleurs
d’Agrijob. Il précise cependant que durant la période
intense des récoltes, le producteur emploie un plus grand
nombre de personnes en provenance de Montréal.
«Pour
lui, être habile de ses mains et avoir une bonne coordination
sont des qualités importantes pour travailler en agriculture.»
Émile est très débrouillard,
au grand plaisir de son patron. Il raconte que dans le temps,
les gens apprenaient à réparer les choses avec des
bouts de ficelles et du carton. Il se dit créatif et inspiré
par ces façons de faire, il trouve donc toutes sortes de
solutions pour réparer de l’équipement. Pour
lui, être habile de ses mains et avoir une bonne coordination
sont des qualités importantes pour travailler en agriculture.
Par le passé, Émile
a beaucoup voyagé; il aime bien côtoyer les gens
provenant de diverses origines. À son avis, le trajet en
autobus est le moment propice pour échanger avec les collègues
: «On y rencontre des
personnes de tous les horizons, aux vécus différents.
C’est un voyage autour du monde en une demi-heure!» |
Oulebsir
D’origine algérienne,
Oulebsir est arrivé au Québec en juin dernier. Fils
d’agriculteur, Oulebsir possède une formation en
éducation physique. Il aimerait prochainement travailler
dans le domaine de l’animation et des loisirs ici. C’est
à la suite d’un atelier d’information sur le
travail agricole à l’orga-nisme Fondation ressources
jeunesse, que Oulebsir a décidé de tenter sa chance
dans le secteur agricole.
Cette expérience de travail
sur les fermes horticoles est très enrichissante, puisque
cela lui permet de découvrir le système agricole
québécois et de partager ses nouvelles connaissances
avec son père, qui est producteur agricole en Algérie.
Oulebsir a grandi dans la région
de Kabylie, au Nord de son pays natal. Cette région montagneuse
est entourée de plaines et par la mer; l’économie
est surtout fondée sur l’agriculture et l’artisanat.
Les principales cultures sont les olives
et les figues. Oulebsir parle avec émotion de la production
d’huile d’olive qui se fait en Kabylie : « C’est
une cérémonie qui est faite dans la joie, avec la
famille et en chantant! »

|
|
Salimata
C’est l’année
dernière que Salimata vivait sa première expérience
de travail en agriculture. Ce nouvel emploi au Québec lui
a permis de développer de nouvelles compétences.
Elle souhaite un jour avoir la chance de retourner dans son pays
d’origine, Madagascar, et de pouvoir partager ses nouvelles
connaissances avec les agriculteurs.
«Ancienne
infirmière, Salimata a travaillé dans différents
domaines au Québec (...).»
Ancienne infirmière, Salimata
a travaillé dans différents domaines au Québec
: agente de recherche pour l’Université Laval, agente
de promotion dans le milieu communautaire, ainsi qu’éducatrice.
Pendant ses démarches de recherche d’emploi, elle
travaille occasionnellement en agriculture. Comme beaucoup de
ses collègues, Salimata apprécie l’agriculture
parce qu’elle aime travailler à l’extérieur
et respirer l’air de la campagne. Elle nous confie également
que l’ambiance y est très bonne : « Dans les
champs, ce n’est pas stressant, on m’explique les
tâches au début de la journée puis je fais
mon travail en toute tranquillité! » Ses relations
avec les propriétaires de ferme sont très bonnes
: « Ils sont gentils, chaque matin ils nous saluent et ils
s’informent pour savoir si tout va bien. » Ces attentions
la mettent à l’aise, rendent le travail plus agréable
et lui donnent envie de revenir.

|
Martin
Martin travaille en agriculture
depuis deux ans. Il a travaillé dans la cueillette de fraises,
de pommes et de choux. Ce qu’il préfère, c’est
la pomme, parce qu’il travaille debout et que c’est
plus confortable à l’ombre des pommiers. Présentement,
il travaille chez un pomiculteur où il coupe les gourmands
(branches devenues inutiles parce qu’elles ne donnent pas
de fruits et qu’elles absorbent toute la sève à
son profit). Il enlève aussi les mauvaises pommes afin
de donner toute la place aux autres pour grossir.
«Martin
aime le travail agricole (...) parce que ça lui donne l’occasion
de sortir de la ville.»
Martin aime le travail agricole
pour plusieurs raisons. Premièrement, parce que ça
lui donne l’occasion de sortir de la ville. Il apprécie
aussi le fait de travailler physiquement et à l’extérieur.
« En plus, c’est payant et c’est facile de s’inscrire
et d’avoir du travail pour tout l’été.
»

|
Originaire du Venezuela, Placido est
arrivé au Québec il y a un an et demi. Agronome de formation,
il a travaillé durant 17 ans dans le domaine de la production
porcine en Italie. C’est un ami qui lui a conseillé de
venir s’inscrire chez Agrijob pour faire connaître ses compétences
dans le domaine porcin. Agrijob a acheminé son curriculum vitae
aux responsables des centres d’emploi agricole (CEA). Dix jours
plus tard, Placido recevait un appel l’informant qu’une
productrice de la région de Saint Hyacinthe était intéressée
par sa candidature. Placido a passé une entrevue avec la responsable
du centre d’emploi de Saint Hyacinthe et a ainsi obtenu son premier
emploi comme ouvrier porcin en gestation pour Sonia Marich, propriétaire
de l’entreprise CSL.
Suite à son embauche, Placido
s’est installé dans le logement fourni par son employeur
et situé à proximité de l’entreprise. Habitué
à la vie à la campagne, Placido s’est rapidement
intégré à son nouveau milieu. Lui qui ne parlait
pas français à son arrivée sur la ferme, réussit
maintenant à bien communiquer avec ses collègues. Très
déterminé, Placido ne voulait pas que la barrière
linguistique l’empêche de s’intégrer au sein
de l’entreprise. C’est donc en travaillant fort son français
qu’il a appris si rapidement. Ainsi il écoute la télévision,
la radio, lit les journaux et il utilise Internet. De plus, il s’est
inscrit à un cours de français offert par l’organisme
« La maison de la famille des Maskoutins ». Cet organisme
s’occupe de l’intégration des nouveaux arrivants
dans la région de Saint-Hyacinthe.
La productrice a tout mis en œuvre
pour que son nouvel employé se sente comme chez lui. Pour simplifier
leur communication, elle utilise parfois le langage gestuel, elle n’hésite
pas à faire des blagues et ne part pas sans son dictionnaire
français/espagnol. Avec de la patience et de la volonté,
Mme Marich considère que c’est facile : « C’est
sûr que nous avons eu des hauts et des bas, mais maintenant nous
sommes comme un vieux couple! »
 |
«Agronome
de formation, il a travaillé durant 17 ans dans le domaine
de la production porcine en Italie.» |
 |
Placido commence ses journées
de travail dès sept heures le matin. Ses tâches sont très
variées; il alimente le troupeau, détecte les chaleurs
et fait l’insémination des truies. Placido apprécie
son travail d’ouvrier porcin. Il a beaucoup de responsabilités
et la productrice lui fait confiance. Leur relation de travail est très
harmonieuse: « Sonia est très humaine, ouverte d’esprit
et à l’écoute de mes propositions », mentionne-t-il.
Mme Marich se dit très satisfaite
du travail de Placido: « Il est très responsable, il beaucoup
d’initiative et il connaît bien son travail.» Innovateur,
Placido n’hésite pas à proposer de nouvelles idées
pour améliorer le fonctionnement de la ferme. D’ailleurs,
il essaie de convaincre son employeur de mo-derniser davantage la porcherie
en intégrant un système informatisé. Fort de son
expérience en Italie, il contribue positivement au développement
de l’entreprise. Depuis son arrivée, il a réussi
à augmenter le niveau de naissance des porcelets!
| Qui
sont donc les responsables des embarquements?
Connaissez-vous Serge?
Serge Labrecque
travaille pour le Centre d’emploi agricole (CEA) de Saint-Jean-Valleyfield.
Il est responsable de l’embarquement des travailleurs au
point de rencontre de Longueuil. Chaque matin, il veille au bon
déroulement de la répartition des travailleurs dans
les autobus. Une fois l’embarquement terminé, Serge
revient au CEA où il entreprend la planification du recrutement
pour le lendemain, en fonction des demandes des employeurs agricoles.
Serge connaît bien les besoins des producteurs de sa région;
comme il connaît aussi bien les travailleurs, il est donc
en mesure de proposer aux entreprises des équipes de travail
efficaces.
«Agronome
de formation, il a travaillé durant 17 ans dans le domaine
de la production porcine en Italie.»
Serge possède
une longue feuille de route. En effet, c’est en 1986 que
Serge s’est joint à l’équipe du Centre
d’emploi agricole de Saint-Jean-Valleyfield, où il
a occupé dif-férents postes. Il a par la suite travaillé
à la Confédération de l’UPA en prenant
la direction du Service d’emploi agricole de Montréal
pendant plusieurs années. Il a aussi travaillé comme
agent de projet pour l’Institut québécois
des ressources humaines en horticulture et comme coordinateur
du bureau de gestion forestière à l’UPA de
St-Jean-Valleyfield. Serge apprécie travailler en interaction
avec les travailleurs qu’il croise chaque matin. Il a appris
à les connaître et il entretient de bonnes relations
avec tout ce beau monde. |
 |
Le Centre d’emploi
agricole (CEA) du Centre-du-Québec a mis au point une offre de
formation qui sera dispensée par l’école d’agriculture
de Nicolet au début du mois de décembre 2006. Il s’agit
d’une formation sur mesure pour travailler comme manœuvre
en production laitière. Tous les candidats sélectionnés
qui auront complété leur formation obtiendront un emploi
dans le domaine.
«Tous
les candidats sélectionnés qui auront complété
leur formation obtiendront un emploi dans le domaine.» |
LA FORMATION :
• d’une durée de 15 semaines.
• en alternance travail-étude
(25 % théorie, 75 % pratique).
• offerte en français et directement sur une ferme
laitière (municipalité de Saint- Zéphirin-de-Courval,
située à mi-chemin entre Drummondville et Nicolet).
• un lexique des termes utilisés dans le métier
sera rendu disponible en français et en espagnol.
|
LES CRITÈRES D’INSCRIPTION
:
• Avoir le goût de travailler dans le domaine de
la production laitière.
• Avoir terminé son secondaire 1.
• S’installer dans la région du Centre-
du-Québec durant la formation
et y demeurer par la suite.
|
QUE FAIRE SI CETTE
FORMATION VOUS INTÉRESSE ?
Le 18 octobre, le responsable du CEA du Centre-du-Québec rencontrera,
au bureau d’Agrijob, les personnes intéressées par
la
formation. Des informations supplémentaires concernant le contenu
du cours et les modalités d’inscription seront aussi disponibles.
Le responsable du CEA sera accompagné d’un représentant
du ministère de l’Immigration et des Communautés
culturelles. Ce dernier fournira des renseignements sur la régiona-lisation
des nouveaux arrivants dans la région du Centre-du-Québec.
Les personnes intéressées
par cette formation devront s’inscrire chez Agrijob avant le 13
octobre 2006 au 911, rue Jean-Talon
Est, bureau 124, ou communiquer avec Doris Bardales au numéro
de téléphone suivant : 514-273-0109, ou par courriel à
l’adresse suivante : Doris
Bardales Rivera.

|
SAVIEZ-VOUS…
•qu’une personne intéressée
par un métier d’ouvrier spécialisé
en agriculture peut se diriger vers plusieurs programmes de formation
menant à un diplôme d’études professionnelles
(DEP) :
•production laitière
•production de bovins de boucherie
•production porcine
•production horticole
•grandes cultures
•production acéricole
•que le secteur est aussi
à la recherche de techniciens agricoles, d’agronomes,
d’agroéconomistes, de mécaniciens, de vétérinaires
et de toutes ressources qui viennent supporter le travail des
producteurs. |
|
CONSEILS
PRATIQUES
Travailler sans douleur, c’est pensable!
La croyance veut que travailler
dur, c’est être dur pour son corps! S’il est
vrai que le travail agricole est souvent très exigeant
pour différentes parties du corps, il est faux de prétendre
qu’il est normal de souffrir quand on travaille fort. Bien
au contraire, travailler sans douleur, c’est pensable. Pour
cela, il faut comprendre comment le faire et agir en conséquence.
Agrijob rend disponible aux travailleurs
agricoles un dépliant élaboré par la CSST
afin d’apporter des correctifs en adoptant une démarche
préventive. Trois mots clés :
identifier, corriger et contrôler.
Identifier :
• Reconnaître les signes que le corps envoie (raideur,
douleur, engoudissement, fréquence et intensité
des symptômes, etc.).
• Associer les malaises aux gestes (torsion du tronc, genoux
pliés, dos penché, etc.).
• Cerner les contraintes d’un travail (charge lourde,
cadence rapide, etc.).
Corriger :
• Utiliser les bonnes méthodes de travail (ex. plier
les genoux pour se pencher.).
• Utiliser des équipements appropriés.
Contrôler :
• Vérifier si les moyens mis en place donnent
des résultats.
Demandez la brochure chez Agrijob
Source : CSST
|
Si vous
avez des commentaires, des idées d’articles ou des questions
auxquelles vous aimeriez que nous répondions, n’hésitez
pas à communiquer avec nous par courriel à l’adresse
suivante : agrijob@upa.qc.ca.
Rédaction
: Doris Bardales, Agrijob | Anne-Marie Desmarais, Agrijob |
Judith Lavallée, AGRIcarrières
Graphisme
: Tommy Ferland, La
Fabrik
Le générique
masculin est utilisé sans discrimination et dans le seul but
d’alléger le texte.
Ce bulletin
est publié par Agrijob, un service d’AGRIcarrières,
le Comité sectoriel de main-d’œuvre de la production
agricole, grâce à une contribution financière d’Emploi-Québec